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Le dossier principal de la revue MULTITUDES n° 40 traite de la question de l’exercice du contrôle sur le net. Quatre articles sur ce thème :

“Surveillance, contrôle, gouvernement : l’ADN du contemporain” par Mathieu Potte-Bonneville. Résumé : Face à la multiplication des formes de contrôle, quel usage l’émergence actuelle d’une conscience critique peut-elle faire des concepts élaborés autrefois par Michel Foucault  ? À partir de l’analyse d’une procédure particulière (les “tests ADN”  votés, en 2007, par l’Assemblée nationale), on soutient ici que la nouveauté de notre conjoncture tient d’abord à ce que s’y recombinent, autour d’instruments techniques effectivement inédits, la mémoire de rationalités politiques multiples, auxquelles Foucault consacrait des analyses séparées et qu’il présentait souvent comme historiquement successives.

“Le nouveau pouvoir statistique” par Antoinette Rouvroy et Thomas Berns. Résumé: Dans ce texte, Antoinette Rouvroy et Thomas Berns décrivent “Le nouveau pouvoir statistique”le métabolisme normatif qui s’impose dans les pratiques statistiques contemporaines, de la digitalisation de la vie au profilage. Comment cela produit un nouveau type de norme  ? Comment cela gouverne  ? Quel type de sujet cela gouverne et cela produit ? Quel rapport les normes entretiennent-elles aux comportements  ? Quel usage du droit envisager face à ces normativités rivales ?

“Avant-propos sur les sociétés de clairvoyance” par Frédéric Neyrat. Résumé : Surgeon explicite d’un texte de Deleuze (Post-scriptum sur les sociétés de contrôle), cet article tente de montrer l’émergence d’un nouveau type de «  sociétés  » fondées sur le contrôle préventif du temps. Non réductibles à des techniques de surveillance policière, les «  sociétés de clairvoyance  » ont un fondement imaginaire qui doit être vigoureusement contesté. Car aucune société n’est viable sans part d’ombre .

“L’hynos de l’à-venir” par Ariel KYROU. Résumé :Les dispositifs de la sousveillance contemporaine fonctionnent comme des systèmes automatisés de production individualisée de fictions. Soit une nouvelle forme de contrôle toute pleine de bien-être, qui sonne comme l’écho des intuitions du film Minority Report et des nouvelles les plus joliment paranoïaques de Philip K. Dick. Opposant fiction contre fiction, l’auteur développe l’idée que face à ces nouvelles fictions de sécurité et de consommation à vocation normative qui nous habitent sur un mode hypnotique, il convient de créer des contre-fictions, des créations à même de troubler ce jeu de mise au pas normative de notre à-venir.